Le droit au logement à la Nouvelle Orléans, cinq ans après Katrina
1800 morts, 300.000 déplacés et une ville ravagée. C'était en 2005 après le passage de l'ouragan Katrina en Nouvelle Orléans. Cinq ans après, la ville est beaucoup plus riche qu'avant. La raison principale en est que les pauvres qui ont fuit les ouragans, n'y sont pas retournés. Ces informations sont contenues dans un rapport établi par la prestigieuse Brookings Institution et le Greater New Orleans Community Data Center, qui a fait des recherches approfondies sur l’état actuel de la ville.
Il s’agit d’une stratégie classique des néolibéraux américains, qui se tenaient prêts à tirer profit de cette catastrophe. La privatisation des services d'aide après le désastre a fait en sorte que les grosses entreprises telles que Halliburton ( réputés pour leur rôle dans la "reconstruction" de l'Irak) s'enrichissent d'avantage.
La catastrophe a également été utilisée afin de "s'attaquer aux problèmes de pauvreté de la ville" en chassant les pauvres et en attirant la classe moyenne. Elle a aussi servi d'alibi pour la poursuite de la privatisation de l'enseignement et des soins de santé.
Beaucoup de quartiers de logements sociaux, situés favorablement au centre de la ville, ont été démolis et reconvertis en terrains qui accueilleraient de nouveaux quartiers attractifs pour les revenus plus hauts. Les habitants d'origine n'ont pas pu retourner dans leurs maisons. Cette politique permet aux responsable de prôner maintenant qu’ils ont su diminuer la pauvreté, mais entre-temps, des milliers de gens se retrouvent toujours dans l'impossibilité de retrouver leur anciens quartiers, et la ville compte 12.000 sans-abris.
Les Yes Men de la Nouvelle Orléans
Un an après la catastrophe, les Yes Men ont dénoncé la situation avec un coup de force. Ces militants américains dénoncent les excès du capitalisme, souvent devant les caméras de télévision. En se faisant passer pour des représentants de grandes entreprises ou d'organismes gouvernementaux, ils révèlent ouvertement ce qui est caché. En Nouvelle-Orléans, ils ont réussi à se faire inviter à une conférence sur la reconstruction. Ils se sont fait passer pour des représentants de la HUD, l'administration fédérale pour le logement et le développement urbain. Ils y ont annoncé que la HUD va changer de politique. Au lieu de détruire les habitations sociales afin d'y construire des logements pour classe moyenne, ils rénoveraient les quartiers pour permettre aux réfugiés de l'ouragan de réintégrer leur habitations. Ce n'est qu'une des nomreuses actions qui est reprise en détail dans “The Yes Men fix the World”. Et tantôt amusant, tantôt choquant, ce film captivant qui relate les actions des Yes Men est maintenant disponible gratuitement sur le net.


