Manifestation à Liege

Vertaling van dit artikel: Actie aan Guillemins-station in Luik | publié: 13 octobre, 2008 - 20:20 |
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Et ici dessous, un article apparu dans le Soir du vendredi 10/10

Peu nombreux, mais déterminés, les militants du droit au logement ont manifesté à Liège

« Un toit, c'est un droit ! »

Le Soir © MICHEL TONNEAU.

Pour le GADl, qui change son nom ce vendredi matin en « DAL Liège », la politique du logement doit se faire « avec les habitants, pas contre ! ». C'est « parce qu'on (les) prend pour des clowns », que les militants du droit au logement, venus de Liège, Mons, Charleroi ou Bruxelles pour fêter les quinze ans du Groupe d'action droit au logement (GADL) arboraient ce jeudi après-midi un nez rouge en distribuant leurs tracts à la gare des Guillemins.

De tracts rappelant, comme les cris de la trentaine, à peine, de manifestants que le logement est un droit, reconnu par la constitution, mais un luxe pour beaucoup. A leurs pieds, un cercueil orné d'une couronne mortuaire indiquant « A notre cher droit au logement. » Au-dessus de leurs têtes, des banderoles : « Un toit, c'est un droit », « Lutte contre l'insalubrité, oui, mais relogement des habitants ». Juste devant eux, suprême ironie, les pelleteuses s'activent à démolir les dernières maisons qui narguent encore l'immense vaisseau de la gare Calatrava.

« C'est un beau symbole, souligne David Praile, membre du collectif. La Ville détruit ici beaucoup de logements pour assurer son dynamisme économique, mais où vont aller les habitants ? »

Il est 16 heures 30 et la foule pressée des navetteurs traverse la petite manifestation avec l'émotion du troupeau rentrant à l'étable. « Si un toit est un droit, tirer la gueule est visiblement un devoir », s'amuse un militant.

C'est en chanson que le petit cortège s'ébroue ensuite en direction de la place du Marché, via la foire, pour rejoindre l'hôtel de ville. Le bourgmestre de Liège, Willy Demeyer, écoute patiemment, sur son perron désormais orné des banderoles du GADL, les prises de paroles. Marc Goblet, pour la FGTB, rappelle que si le pouvoir politique doit légiférer pour la qualité du logement et la salubrité, il doit aussi le faire « contre la spéculation de propriétaires sans scrupule ».

Expulsée de son logement du domaine de la Chartreuse en juillet 2007, Danièle raconte alors son histoire. Les assistantes sociales qui sermonnent, les policiers qui menacent, le propriétaire qui « va tout régler » puis qui ne fait rien, l'arrêté d'inhabitabilité qui tombe, le « harcèlement » des autorités, les solutions qui ne viennent pas, ni du CPAS ni de l'Agence immobilière sociale, le cauchemar d'être « traités comme des malfrats, nous qui sommes des victimes », puis, heureusement, l'arrivée du GADL : « enfin des personnes qui nous comprennent, nous écoutent, nous soutiennent ». Depuis, Danièle milite au GADL, « pour aider les autres à qui cela arrive, et attirer l'attention sur l'attitude scandaleuse de certains propriétaires qui n'entretiennent pas leur bien ».

Dialogue de sourd

Le bourgmestre a écouté. Mais il n'est pas d'accord avec le tableau dressé : « Je suis prêt à discuter de tout, mais pas à tout entendre. A la Ville, nous avons passé énormément de temps à tenter de gérer au mieux ces dossiers de relogement. Allez voir ailleurs comment cela se passe ! »

Dialogue de sourd. La petite manifestation s'en va faire la fête place Saint-Léonard. Toujours aussi peu nombreux. Mais déterminés.