Yourte pour les sans toit
(source: le Soir) Je ne suis plus révolté. » Le constat personnel tenu il y a un an par Denis Uvier est confirmé douze mois plus tard. À l'époque, l'éducateur de rue sortait d'une période tumultueuse composée d'actions coup-de-poing en faveur des sans-abri. Des initiatives médiatiquement porteuses mais sans grand effet sur les décideurs politiques. Depuis, l'homme s'est « assagi ». Il mène aujourd'hui une révolution pacifique aux accents sociaux, forcément, mais aussi écologiques.
À Jumet, sur un terrain de 17 ares appartenant à son employeur, l'ASBL Solidarités Nouvelles, il a créé un jardin et un potager communautaire ouvert à tous, et en particulier aux locataires précarisés de l'immeuble adjacent et aux personnes en décrochage social. L'espace est par ailleurs doté d'une toilette sèche, d'une serre, de coins marais sauvage et compostage. Une manière de « faire du social autrement » pour celui qui, récemment a reçu une sollicitation de visite pour un groupe de jeune souhaitant… rendre hommage au Père Damien. Comme le prêtre-menuisier a combattu la lèpre, Denis Uvier soigne la maladie de ces dernières décennies : la précarité et le sans-abrisme.
Ces derniers mois, son projet baptisé « Jumet-la-Jolie » a peu à peu pris forme. Sous la neige ou sous la canicule, Denis et quelques fidèles militants ont creusé, foré, soudé, terrassé, planté. Aujourd'hui, il ne reste qu'un vague souvenir de la friche découverte l'été dernier. Et le projet vient encore de passer un cap avec la construction d'une yourte.
Livrée « en kit » avec un mode d'emploi digne d'Ikea, la yourte a mobilisé une dizaine de militants ce mercredi. Dès les prochains jours, l'habitation de toile pourra accueillir un couple ou une famille dans le besoin à la suite d'une expulsion par exemple. « Attention, pour pouvoir prétendre disposer de ce toit, il y a des règles de base à respecter, précise Denis Uvier. Les gens qui seront hébergés ici devront respecter les lieux et surtout faire preuve d'initiative pour tenter d'être relogé. Je pense en particulier à une occupation de l'hôtel de ville. Je les soutiendrai en étant à leurs côtés sur place. » Chassez le naturel, il revient au galop…
Voir aussi: http://telesambre.rtc.be/content/view/5994/166/


